Logements sociaux, maladie difficile à soigner au Cameroun 1


La construction des logements sociaux est un véritable jeu du chat et de la souris au Cameroun entre les pouvoirs publics et les populations.

logements Yaoundé 

Je tire un véritable boulet de canon sur la politique de mon pays en matière de logements sociaux. Cela fait plusieurs décennies que nous attendons en vain la construction de milliers de logements pour résoudre une partie des problèmes des camerounais qui sont, n’ayons pas peur de le dire, mal logés.

Oui, trouver un logement moderne au Cameroun, ce n’est pas à la portée de la bourse du camerounais moyen, n’en parlons plus du camerounais d’en bas. Il suffit de voir dans quelles conditions vit la grande partie de la population de Yaoundé, ville dans laquelle je réside.

Je parlerai donc ici principalement du cas de Yaoundé, la capitale administrative du Cameroun. Pour trouver un logement avec un standard moderne, il faut débourser au moins 40 000 F CFA, ce qui n’est vraiment pas à la portée du camerounais moyen, son niveau de vie ne lui permet ce luxe. Il doit se contenter de logements avec des toilettes communes et ceci dans des quartiers populaires.

Parlons donc de ces quartiers populaires, ils ont la particularité d’avoir des maisons littéralement collées les unes aux autres, construites pour la plupart sans le respect des normes, résultat, lors de grandes pluies, on assiste à des inondations ou des éboulements qui peuvent causer la mort des pauvres populations. Ce qui est choquant, c’est ce que ces personnes n’ont pas vraiment le choix et doivent faire avec ce qu’ils trouvent, ce que leurs moyens financiers leur permettent d’avoir. Au fil des années et des décennies, les pouvoirs publics ont laissé ce genre de quartier se développer avec ces constructions anarchiques. Résultat, le paysage urbain de la ville de Yaoundé en a pris un grand coup.

Depuis les années 1980 où la Société Immobilière du Cameroun (SIC) a construit des logements pour les populations dans certains quartiers comme la cité verte, on a plus assisté à une construction massive de logements pour répondre aux besoins des populations de Yaoundé, qui pendant ce temps à exploser. La faute à l’exode rural et un taux de natalité en « bonne santé ».

Depuis quelques années, la SIC et le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain nous font rêver avec la construction de 10 000 logements sociaux au quartier Olembé. Vous avez dit logements sociaux ? En quoi ces logements sont-ils sociaux s’ils ne sont pas à la portée de tous ? Même moi, je ne peux pas acquérir un tel logement, les conditions d’éligibilité ne me le permettent pas. Il faut débourser pratiquement 20 millions de Francs CFA pour espérer acquérir un logement.

Le rêve de l’acquisition d’un logement à Yaoundé reste donc utopique pour de nombreux yaoudéens, moi-même compris. Nous sommes donc contraints de nous contenter de la location avec toutes les difficultés que l’on peut rencontrer avec les bailleurs.

J’espère que la politique des logements sociaux au Cameroun sera revisitée et que nous pourrons enfin voir un grand nombre de gens acquérir leur propre logement à un prix accessible. Tant qu’il y a la vie, il y a espoir.

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Thierry Didier KUICHEU
Jeune camerounais, vivant à Yaoundé au Cameroun. J'aime bien partager et découvrir. Je suis contractuel d'administration et cela me permet de voir certaines réalités de mon pays qui m'édifie et me donne envie de m'exprimer pour pouvoir faire bouger les choses. En tant que jeune, j'aime bien m'amuser aussi et sortir de temps en temps ou faire des petits voyages.
Thierry Didier KUICHEU

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