Joël KOUDJODJI

Portrait d’entrepreneur en Afrique: Entretien avec Joël KOUDJODJI du Togo

Joël KOUDJODJI, jeune entrepreneur d’origine togolaise, très cool et dynamique. Nous avons fait connaissance lors de la Session 7 du YALI Dakar. Nous étions voisins de palier et je garde un très bon souvenir de lui. Il a choisi de nous parler de lui, de son projet et de ses ambitions.

Qui est Joël KOUDJODJI ?

Nanti d’un Master Pro en Sémiotique et Stratégies à l’Université de Yaoundé I et d’une maitrise Ès-lettres en Sociologie Politique et de la Communication à l’Université de Lomé. Je suis passionné de communication et de entrepreneuriat, je suis responsable de Caris Pro une structure qui offre des solutions en communication au MPME. J’offre également des services d’accompagnement des primo entrepreneurs à travers KOUDJODJI Conseils, un cabinet de conseils en communication.

Qu’as-tu appris de nouveau sur toi grâce à la formation du YALI ?

Le YALI a été pour moi un « Open Mind » magnifique. Mieux, une très grande opportunité d’apprentissage et de brassage culturel. Il a été surtout un moment de découverte et de partage avec des personnes dotées de compétences dans plusieurs domaines. Pour exemple, grâce à mon colocataire, j’ai appris à aimer la culture malienne dont j’avais une connaissance assez restreinte. Pour faire plus sérieux, le YALI m’a permis de renforcer la « confiance en soi » en me donnant la motivation nécessaire pour vaincre la procrastination.

En quoi consiste ton projet ?

Ma sélection pour YALI est le fruit d’un projet dénommé « Né zon ou mon Taxi Publicité ». C’est un concept qui vise à transformer les taxis en panneaux publicitaires en misant sur leur mobilité. Le projet entend rendre plus dynamique le secteur de la communication au Togo. De ce fait, il devra créer dix emplois directs et près d’une centaine d’emplois indirects. Le projet de par sa nature est une solution de visibilité et de mise en œuvre assez pratique de la responsabilité sociale des entreprises de toutes tailles. Puisqu’en réalité il renforce leur image et leur permet d’accroître de façon assez substantielle le revenu des acteurs en jeu.

En tant que jeune leader africain, quels changements voudrais-tu apporter à l’Afrique?

Je veux changer le Togo mon pays, changer l’Afrique et impacter le monde. Surtout, le changer en terme de mentalité et en amenant les africains à être plus stratèges. Je vais paraphraser Ayi-Dossavi, un participant Yali que j’ai connu à Dakar, en ces mots « les africains doivent considérer l’Afrique comme une île c’est-à- dire fermée de l’extérieur et ouverte de l’intérieure ». Cette petite phrase doit nous amener à travailler plus sur l’Afrique puisqu’elle demeure le continent de toutes les opportunités. Il y a beaucoup de chose à faire et il demeure un devoir à nous jeunes de les matérialiser. Pour moi, l’éducation stratégique et axée sur le changement de mentalité est la clé de voûte d’un tel défi. Il faut par exemple amener les jeunes à plus s’investir, à croire que le meilleur est africain et ne peut qu’être africain. Cela revient à nous poser les bonnes questions et arrêter de croire qu’il existe des cadeaux gratuits ou des dons sans contrepartie venant de l’extérieur. Et seul, un système éducatif prenant en compte les réalités africaines et mettant en avant nos héros peut nous amener à penser autrement et à amorcer l’éveil de notre continent.

Quelles sont tes ambitions pour le futur?

Mes rêves pour demain sont assez grands mais il faut toujours rêver grand pour avoir la force de les vivres. J’ambitionne être une référence dans le domaine de la communication notamment celle axée sur la gestion de crise en Afrique. Pour moi, elle est très importante et surtout stratégique dans le contexte africain puisque toute perception vient d’une image. De beaux clichés suscitent en vous des envies de découverte contrairement à du dégoût et de la pitié perçus dans une présentation mal fignolée et surtout si elle est faite à dessein. Avec un petit recul, il est assez intéressant de remarquer que le monde occidental n’a montré aucune image des morts issus des attentats du 11 septembre 2001. Il en est de même pour les attentats de Charlie Hebdo et il en sera longtemps ainsi pour les autres drames que l’Europe connaîtra.
Ramené dans le contexte africain, la communication doit plus nous servir à vendre le continent que de le présenter comme un terreau de misère. Koudjodji Conseils entend relever ce défi. L’autre fait tout aussi important qu’il revient de mettre en lumière est la suivante : dans mon pays le gouvernement invite et encourage les jeunes à l’entrepreneuriat. Ils sont donc encouragés à une production de richesse à travers divers projets. Le souci c’est que l’on ne leur apprend pas à communiquer autour de leurs produits. Ils se retrouvent avec une production méconnue du public avec une faible rentabilité. Koudjodji Conseils ambitionne ramener les clients vers une envie de consommer locale par une kyrielle d’actions assez simples. L’Afrique ne pourra se développer que si elle consomme suffisamment sa propre production permettant ainsi aux producteurs de s’améliorer.

Parle nous de ton pays, le Togo

Le Togo, est un pays de l’Afrique de l’Ouest qui est trois fois plus grand que la Belgique et 2 fois plus grand que la Suisse et l’Israël. Il partage ses frontières avec le Ghana, le Benin et le Burkina Faso. C’est surtout un peuple assez travailleur et très accueillant. C’est le pays d’Adebayor Sheyi, de Bella Bellow et des Toofan. Le Togo ou la « Terre de nos Aïeux » en référence à notre hymne national, est un ensemble de cinq régions avec des cultures et rites différentes avec autant d’opportunité d’affaire. Le Togo dispose, par exemple, de 50 km de plage en sable fin qui peut intéresser tout entrepreneur. Le monde du climat d’affaire est assez assaini et sécurisé pour les investisseurs et la création d’entreprise se fait en une journée. C’est dire que les atouts et les conditions sont assez propices pour tout jeune Yalien, désireux de se lancer au Togo.

Partage avec nous ce que tu voudrais que les lecteurs retiennent de Joël KOUDJODJI

Je veux d’abord remercier Thierry pour cette tribune à nous offerte pour parler d’une façon assez plurielle de l’Afrique dans toute sa diversité. Je veux partager avec nos lecteurs cette phrase d’Anaïs Nin qui dit ceci : « de bonnes choses arrivent à ceux qui se remuent ». Il est impérieux de bien rappeler à la jeunesse africaine, à notre jeunesse, l’ampleur de la tâche qui l’attend pour le décollage effectif de notre cher continent. « A moins qu’ils ne se transforment immédiatement en travail acharné », nous apprend Peter Drucker, « les plans ne sont que de bonnes intentions ». Cette invitation au travail à tous les niveaux doit constituer une grande partie de nos motivations, en tant qu’africain, pour la réussite de nos projets. Je vous remercie.
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Thierry Didier KUICHEU
Jeune camerounais, vivant à Yaoundé au Cameroun. J'aime bien partager et découvrir. Je suis contractuel d'administration et cela me permet de voir certaines réalités de mon pays qui m'édifie et me donne envie de m'exprimer pour pouvoir faire bouger les choses. En tant que jeune, j'aime bien m'amuser aussi et sortir de temps en temps ou faire des petits voyages.

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